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Dans bien des pays, en particuliers ceux du Sud, la complexité des réalités sociopolitiques et culturelles qui régissent les rapports hommes-femmes entrave la pleine participation des femmes dans le processus de développement. Pourtant, l’égalité entre les sexes est essentielle pour bâtir un monde juste et favoriser un développement réel et durable. En effet, selon la Banque mondiale, l’égalité des genres constitue un des objectifs fondamentaux du développement et de la lutte contre la pauvreté. Pour y parvenir, l’implication des populations doit être totale, sans aucune distinction entre les sexes. Femmes et hommes sont des partenaires et des participants égaux ayant un rôle important à jouer dans le développement. Dès lors, promouvoir l’égalité des sexes et impliquer les communautés à travers des actions de recherche pour le développement, de la formation, de l’information, de la communication et de la sensibilisation s’avèrent essentiels.

Le Challenge Program on Water and Food entend prendre en compte cette dimension qui devient un véritable projet démocratique prônant la pleine participation et l’engagement actif des femmes et des hommes dans le développement de leur collectivité.

Bien que l’approche genre ne concerne pas exclusivement les questions liées aux femmes, celles-ci sont au centre de la problématique du fait que les inégalités entre les sexes les affectent davantage. En effet, dans de nombreux pays, notamment dans les sociétés africaines, le pouvoir formel relève des hommes alors que les femmes sont assignées à des rôles de reproductrices et de ménagères. Elles n’ont pas le plus souvent accès à l’éducation, qui est non seulement génératrice de pouvoir, mais également synonyme de liberté. La recherche pour le développement ne pourrait donc pas être effective sans la participation des femmes. Pour ce faire, cette recherche doit prendre en considération différents éléments notamment:

  • la compréhension du genre c’est-à-dire avoir une perception juste et commune qui va au-delà des mots «hommes-femmes» et pleinement conscient de la problématique liée au genre;
  • la sensibilisation et la conscientisation : la communication et l’information sont nécessaires afin de modifier les comportements et mener à un changement d’attitude de la part des différentes parties prenantes (scientifiques, bailleurs de fonds, gestionnaires, ONG, vulgarisateurs, institutions nationales et internationales, etc.) mais également des communautés;
  • la connaissance des réalités sociales et culturelles : une implication efficace et effective des membres des communautés locales suppose inévitablement de comprendre leurs réalités et leur perception des rôles hommes-femmes. Ainsi peut-on prendre en compte ces éléments dans la conception, l’élaboration, la mise en œuvre, la gestion et le suivi des projets afin d’influencer les décideurs et les politiques;
  • la diplomatie : lorsqu’il est question de changement de mentalité dans la perspective d’une plus grande égalité dans les rapports hommes-femmes, il est nécessaire de faire preuve de tact dans les approches.

Pour conclure, il est essentiel de demeurer vigilant lorsqu’il est question de genre et d’implication des femmes et des hommes dans la recherche pour le développement en Afrique. Le pouvoir apparent des femmes dans certains milieux et sphères n’est pas synonyme d’équilibre entre hommes-femmes. De plus, le genre n’est pas une question de chiffres et de ratios. Il s’agit avant tout du rôle des hommes et des femmes dans la société, de leur accès aux ressources et de leur pouvoir en matière de prise de décisions.

By Ghislaine Sawadogo

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